Cette année, étant donné le niveau de perfection que j'ai acquis - blog et enfants parfaits qui ne mangent pas leurs crottes de nez entre autres - , j'ai pris l'énorme décision de remporter le challenge de la carte de voeux.

Quand on est une famille parfaite, la carte de voeux du mois de décembre c'est un peu un must. Genre t'en fais une tu en es. Je suis sûre que vous en avez toute une collec vous aussi : la traditionnelle photo de famille heureuse sur le canapé du salon ou devant le sapin de Noyel est un incontournable du style, que dis-je c'est LE modèle phare. Les petites filles porteront des robes à smocks cousues tendrement par la douce gardienne du foyer, les carrés seront impeccables, les Start rite cirées et les barettes Papa Pique et Maman Coud coordonnées. Taillées avec amour dans le même tissu, les culottes anglaises des garçons complèteront à merveille l'uniforme chemise à col boutonné/pull bleu marine/grandes chaussettes/youle du jour.
Là, déjà, j'avais carrément séché, faute de temps et de talent certainement. Direction donc les armoires. On sort des jolies tenues (Oui enfin nous n'avons que cela hein, j'ai déjà répété mille fois que les survets Dora et Diego c'est beaufissime). Ils s'habillent. Ils commencent à pleurer (genre je veux mettre ma robe en velours rouge et pas l'écossaise, Moman je préfère le chemisier brodé et autres raleries habituelles). Je survis. On enfile les chaussures, qui sont évidemment toutes boueuses, je dégaine le cirage. On coiffe, on pomponne, bref la matinée est écoulée et nous ne sommes toujours pas rentrés dans le feu de l'action.  Je change le Minimoy qui vient de se renverser la brique de lait sur la tête pour une raison obscure (alors que d'habitude il est parfait, je ne comprends pas !). Tout est bordé, on va pouvoir aborder la phase deux avant la tombée de la nuit.


Je ne sais pas si vous êtes comme moi, et si vous avez toujours été jaloux des photos de mariage des autres avec tous les enfants qui sourient, alors que sur toutes les votres la moitié des gamins du cortége ont les chaussettes qui tombent - se grattent le nez - regardent derrière - pleurent - se tapent dessus (rayer la ou les mentions inutiles), mais du coup en ce qui me concerne j'ai l'impression que la malédiction se poursuit avec mes enfants.
Je les case sur le canapé, en prenant soin de planquer les taches diverses. Premier essai : ils se sont tellement forcés à sourire qu'on dirait une bande d'imbéciles heureux. Deuxième essai : Minimoy tabasse sa soeur, qui du coup pleure et hurle. Lui se marre. Moi je m'énerve. On reprend : c'est flou. Quatrième : ils en ont marre. Super. Ca tombe bien, moi aussi.
Tant pis. Je les mets tous à la sieste et je me sers un Picon Bière pour me remonter le moral.

Parce que ce n'est pas encore cette année que vous recevrez une photo de ma marmaille parfaite et souriante, collée sur un papier cartonné par mes douces mains. Peut être l'année prochaine...